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Les Femmes : Cibles privilégiés des conflits armés à l’Est de la RDC

Les Femmes : Cibles privilégiés des conflits armés à l’Est de la RDC

Depuis plus d’une décennie,  la République Démocratique du Congo, principalement dans sa partie Est, fait face à des conflits armés. Des groupes armés tant nationaux qu’étrangers et autres fauteurs de trouble n’ont cessé d’endeuiller bien des villes et villages. Les conséquences énormes de ces conflits armés ne sont pas uniquement d’ordre sécuritaire ; elles sont aussi politiques et socio-économiques.

La sécurité est un préalable au développement et à la croissance des Etats et de leurs populations.
Consciente de ces enjeux sécuritaires, la RDC  s’est engagée dans des négociations visant à atténuer, sinon éradiquer, les conflits armés qui ont fortement secoué l’appareil politique Congolais. En dépit des interminables négociations qui souvent n’aboutissent à rien de concret, faute de bonne volonté  et d’engagement des parties prenantes au conflit, la paix durable tarde toujours à venir pour toutes les provinces du pays, notamment celles de l’Est.
Ces conflits armés et insécurité qu’ils alimentent ont produit un effet néfaste sur la vie des ménages.
Le tissu économique en a été lamentablement  détruit. Autres fois, les deux provinces du Kivu, grâce à l’agriculture et à l’élevage, étaient classées parmi les greniers de la RDC. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas ; les populations de ces provinces ou sévit l’insécurité sont devenues dépendantes de pays voisins, sur tout sur le plan alimentaire. Au Nord et au Sud Kivu,  les champs de villages et campagnes qui nourrissent les paysans et les villes sont actuellement le théâtre des affrontements armés,  lorsqu’ils ne sont pas tout simplement occupés de facto par les groupes armés qui ont pris en otage les populations autochtones.
Les pertes en vies humaines ne sont plus faciles à évaluer. Des familles entières ont été décimées, exterminées. D’autres ont été déportées ou emportées dans la brousse et l’on a plus de leurs nouvelles.les couches vulnérables de la population, à savoir, les enfants, les personnes âgées, les filles et les femmes sont encore plus touchées que quiconque. Des filles et des femmes continuent d’être victimes  de viol et violences. Des foules immenses sont contraintes à des déplacements sans  destination précise et sure, errant loin de leurs villages. Les anciennes appellations des «  déplacés » et des « refugiés » refont surface pour entrer dans le vocabulaire local. Contraints au refuge et/ou  à l’exil, des ménages entiers vivent dans le dénuement  et la précarité sur le plan alimentaire, sanitaire, économique et autres.
Depuis 1996 à, la suite de ces conflits armés, quelques organisations internationales crédibles ont publié des statistiques qui font état des filles et des femmes violées. Les groupes armés très actifs à l’Est de la RDC ont été mis en cause dans ces cas de viol. Des villages dévastés et désertés, pillés et détruits, des maisons incendiées, des personnes blessées tant dans leur chair que dans leur esprit ; des jeunes filles emportées comme butin de guerre par les combattants et condamnées à servir d’esclavages sexuels, etc. Tel est le sombre tableau de ces conflits armés qui persistent à l’Est de la RDC. Les conséquences de ces violences armées sur la santé mentale de la population sont déplorables. Nombreuses victimes présentent déjà des symptômes de folie ou de traumatisme. D’autres victimes de ces conflits armés ont été contraintes à des rapports sexuels qui les ont conduites à contracter des infections sexuellement transmissibles (IST) dont le VIH/Sida.
Pour le mois d’Avril 2012, l’Hôpital General de Référence de Panzi  a accueilli 104 Femmes survivantes de viol et provenant des différents territoires de la province du Sud Kivu .Parmi elles, une fille âgée de 26 mois, une autre de 2 ans, une fillette de 3 ans  et demi, une âgée de 4 ans, deux petites filles âgées de 6 ans chacune et une autre de 8 ans. De ces 104 survivantes de viol, 44 sont dans la fourchette d’âge comprise entre 12 et 19 ans tandis que d’autres ont un âge supérieur de 20 ans et 94 de ces femmes qui se sont présentées à notre structure de santé en ce mois d’Avril souffrent des problèmes gynécologiques quelque peu inquiétants.
Comme l’on peut s’en rendre compte, les effectifs de femmes et filles rejetées par leurs familles et communautés à la suite du viol montent en flèche. La plupart de ces survivantes, en l’occurrence des femmes mariées, ont perdu leur foyer ou mariage, parce que congédiées par leurs anciens conjoints.
Récriminées et rejetées, elles ont aussi perdues leurs champs et tout ce qu’elles avaient comme  moyen de subsistance.les enfants issus du viol sont abandonnés à eux-mêmes, rejetés dans une Société qui souvent ne les accepte pas. Ces victimes de tout genre vivent dans des conditions précaires de pauvreté qui ne laisseraient personne indifférent.
Suite à cette situation alarmante, il est tout à fait légitime de questionner les parties au conflit pour qu’elles disent pourquoi les enfants, les filles et les femmes doivent-ils servir de cibles privilégiées dans ces affrontements armés. Aussi les acteurs politiques nationaux et internationaux se doivent de mettre en place des mécanismes efficaces  et susceptibles de mettre un terme à cette insécurité permanente dans laquelle vivent les populations congolaise. Certes, la communauté internationale avait autre fois appuyé le processus de paix en RDC, à travers les négociations qu’elle a facilitées pour mettre fin à une éventuelle partition du pays. Les engagements des uns et des autres ont conduit au processus électoral qui s’est heureusement soldé par les élections de 2006 et 2011. Mais, en dépit de ces avancés significatives, le pays n’est pas encore sortie du gouffre  de l’insécurité et l’avènement d’une paix durable devrait continuer à mobiliser les efforts de nos acteurs politiques, des partenaires habituels de la RDC et de toute personne de bonne volonté.
Avec l’instabilité politique et sécuritaire qui secoue actuellement le Nord Kivu ou les forces loyalistes des FARDC tentent d’en découdre avec les rebelles du M23, il est fort probable que le flux des personnes déplacées soient difficiles à gérer les jours à venir. Les rapports des organisations humanitaires font déjà état de plus de 20 000 personnes déplacées en dehors et à l’intérieur du pays. Fuyant les affrontements dans leurs villages, ces victimes sont principalement des femmes et des enfants qui vivent dans des conditions infrahumaines, en proie à des maladies d’origine hydrique, en proie à la famine parce que dépourvus de tout.
Victime privilégiée de l’insécurité à l’Est de la RDC, la femme congolaise en appelle aux décideurs d’ici et d’ailleurs pour qu’il y ait plus de paix et de justice et pour que cela lui permette de continuer à vaquer à ses occupations. Cette paix est un préalable à l’épanouissement de tous les Congolais et Congolaises qui ne revendiquent que cela. Dès lors, les parties au conflit , les décideurs politiques  Congolais et de la Communauté internationale sont invités à plus de compassion et de rationalité pour mettre sur pied des stratégies  visant à éradiquer l’insécurité à l’Est de la RDC et dans tout le pays en général. Ce faisant,, ils contribueront  efficacement à la réduction voire l’éradication des violences sexuelles en RDC et redonneront du souffle et de l’espoir à la femme, moteur du développement et de la croissance économique et mère de l’Humanité.
Département Communication HGR PANZI

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