Posted on 08 March 2013.
En République Démocratique du Congo 1 femme sur 24 court le risque de mourir pendant l’accouchement .Ce chiffre fait de la RDC un des pays ayant les taux de mortalité et de morbidité maternelle les plus élevés dans le monde. Dans ce pays situé au cœur de l’Afrique, nombreuses femmes souffrent de fistules causées par la dystocie, une maladie en grande partie évitable.
«Les Soins de santé maternelle devraient être disponibles pour tout le monde et pas seulement pour ceux qui ont la possibilité de payer », déclare le Dr Dénis Mukwege, Mercredi 06 Mars.
C’était au cours de la conférence de presse organisée à Panzi pour présenter le rapport-Synthèse des activités de l’Hôpital de l’année 2012. Ce rapport qui vient d’etre produit grace à l’appui financier de la Commission Européenne (ECHO) et PMU est un condensé des services offerts aux malades notamment les soins de santé maternelle et la réparation des fistules. Il met un accent particulier sur la fistule et le défi lié à l’amélioration de la santé maternelle.
Trois médecins de l’hôpital, le Dr Dénis Mukwege, Médecin Directeur de l’Hôpital, le Dr Neema Rukunghu, Coordinatrice médicale du Projet VVS, et le cardiologue Dr Raïssa Kizungu ont animé cette conférence de presse.
Combattre la fistule est une nécessité
«La fistule est un véritable obstacle pour la femme qui en souffre car elle l’empêche de s’épanouir et de jouer un rôle important dans la société. Avec cette maladie, la femme perd les urines sans contrôle et ne peut donc pas aller au marché, au champ ou à l’église. Elle est handicapée », explique le Dr Neema Rukunghu.
Elle ajoute que la fistule est réparée par la chirurgie, et lorsque la réparation est faite par un spécialiste, la chance de réussite est de plus de 90%. L’intervention d’un médecin non formé peut cependant causer des dommages irréparables.
Pour le Dr Rukunghu, la plupart des cas de fistules peuvent être évités grâce à la gratuité des soins, l’amélioration des soins de santé maternelle, les consultations prénatales régulières, la planification familiale, la formation continue du personnel médical et l’accès facile aux transports,.
«La communauté a aussi un rôle à jouer», poursuit le Dr Rukunghu , « par exemple, décourager les mariages précoces, Il n’est pas impossible d’éradiquer la fistule au Congo », affirme-t- elle.
Pour le Dr Raïssa Kizungu, les soins de santé qui devraient être un droit sont devenus un privilège. « Les droits des femmes sont la santé, la paix, la sécurité, la participation au processus politique, l’accès à l’information, le droit à la liberté d’expression, et l’égalité entre les sexes.
Le Dr Rukunghu ajoute que le droit à l’information c’est aussi avoir accès aux informations sur les soins de santé, comprendre que la femme qui a la fistule n’a rien à se reprocher et qu’il existe un traitement. «Si une femme peut accoucher dans des conditions inhumaines et obtenir la fistule pour ensuite demeurer improductive toute sa vie jusqu’à sa mort, peut-être 30 ans plus tard, c’est une honte pour notre pays, conclut-elle ».
Il ya Un besoin de nouveaux batiments
L’Hôpital de Panzi a commencé en 1999 dans l’objectif de fournir des soins de santé maternelle, qui reste l’une de ses spécialités. Il dispose d’un programme offrant des conditions de sécurité pour les femmes qui accouchent. Mais la maternité a atteint ses limites et les exigences sont élevées. L’Hôpital dispose du personnel et du matériel disponibles, mais la capacité d’accueil pour lui permettre d’aider ces nombreuses femmes devient insuffisante.
«Je ne suis pas bon à la collecte de fonds», affirme le Dr Mukwege avant d’ajouter : « Je demande aux Congolais ainsi qu’à la Communauté Internationale de nous aider à étendre la maternité afin d’être en mesure de répondre à la demande.
Vous pouvez télécharger ce rapport pour plus d’informations sur l’Hôpital de Panzi, la fistule et les soins de santé maternelle et savoir comment vous pouvez soutenir les femmes en RD Congo afin qu’elles puissent avoir accès à ce qui est considéré comme étant leur droit.
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Ephraim BISIMWA